Résumé
Au cours des VIIIe et IXe siècles de l'Hégire, les pays de l'Occident islamique ont connu de nombreuses famines dues à des années de sécheresse successives. Les gens avaient alors un besoin pressant de l'avis des jurisconsultes concernant les problèmes juridiques auxquels la communauté était confrontée à la suite de ces catastrophes, dont certains avaient fait l'objet d'un jugement établi par un texte susceptible d'interprétation, tandis que d'autres n'avaient pas fait l'objet d'un jugement explicite. Pour connaître le jugement de la Sharia à cet égard, il est indispensable d'élaborer une méthode de raisonnement dans laquelle le juriste tient compte de la réalité de la catastrophe et de ses répercussions sur cette réalité. Cette étude vise à mettre en lumière un ensemble de fatwas dans lesquelles les jurisconsultes ont rendu des décisions qui, à première vue, semblent contraires aux principes fondamentaux, mais qui, en réalité, constituent une application des règles générales et catégoriques, par opposition aux textes sujets à interprétation ou aux questions secondaires de la doctrine. Les jurisconsultes ont ainsi adopté une méthode déductive spécifique, dans laquelle ils ont mis à profit les règles visant à écarter le préjudice et les objectifs de la Sharia, pris en compte les conséquences des jugements, appliqué la coutume et suivi le principe malikite consistant à tenir compte des divergences... Ils ont ainsi construit une méthode déductive solide dont nous pouvons tirer profit pour étudier les nouveaux cas de catastrophes environnementales.

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